Après un mois de Janvier réellement négatif et notamment un EPT Deauville complètement catastrophique, il fallait que je me reprenne. Je vous l’avez dit, à Mazagan j’ai réussi à accrocher une 5ème place sur un tournoi à 2.000 €, chose qui fait tout de même du bien au moral…
Et puis après mon dernier weekend au Maroc (6 et 7 Février) tout s’accélère ! Je rentre Lundi à Paris et je n’ai pas le temps de souffler un peu. Pour vous la faire courte j’ai atterri à Paris à 18h00 et le temps de prendre un taxi et de poser mon sac à la maison, il est déjà 19h30 lorsque j’arrive à l’ACF pour participer à mon premier tournoi des EFOP : le Silver Championship à 1.000 €. Je pars avec l’intention de faire quelque chose sur ces EFOP pour prouver que je suis encore là et bien là et que ce qui s’est passé à Deauville n’était qu’un accident.
Je commence plutôt bien mon tournoi et double mon tapis de départ après cinq niveaux, j’ai donc 30.000 unités devant moi pour une moyenne à 25.000. Tout va bien et je décide de prendre le contrôle des pots et de prendre ce qu’il y a à prendre ! Lors de ce tournoi je ne suis pas tombé à la table de manchots puisque j’ai eu Benjamin Pollak alias Magic Deal, ou encore Rémy Mougel avec qui j’ai participé à l’enregistrement d’une émission de radio sur le poker pour RMC, mais aussi Fratty ou Mercedes Osti.
C’est d’ailleurs contre cette dernière que j’ai assez mal joué un coup et, il faut l’avouer, que Mercedes a très bien joué le coup. Sur des blinds 400/800 Rémy Mougel, qui est Under The Gun, limp, Mercedes en fait de même à UTG +2 et moi au cut-off je décide de relancer à 1.600 avec AKs. La Big Blind suit tout comme Rémy et Mercedes… C’est quoi l’embrouille ? Le flop tombe et dévoile Ac-4s-2c. J’ai la top paire avec le kicker max. Tout le monde check mais moi j’envoie 3.600 histoire de faire un peu le ménage et ça marche puisqu’il n’y a que Mercedes qui me suit. La turn est un 8h et cette fois Mercedes mise la première mais seulement pour 3.500… A ce moment du coup j’ai du mal à interpréter sa mise, est-ce un blocking bet ? Veut-elle que je la relance ? Au final je finis par juste la payer. La river est un Td et Mercedes continue en misant 8.000. J’hésite quelques secondes et paye. Elle me montre ATo pour la double paires à la river. Pour moi j’ai mal joué le coup : soit je la sur relance à la turn, soit je passe à la river. Après ce coup je redescends à 13.000 unités.
Puis vient le coup où je sors du tournoi ! Quelques mains après la précédente je suis de BB toujours sur des blinds à 200/400. J’ouvre ATs à cœur lorsque je décide de payer la mise à 1.050 d’un joueur en Middle Position. Le flop dévoile Ac-4h-7s pour la top paire et un vieux tirage couleur backdoor. Je check et lui continue son attaque en envoyant 2.100 que je paye. La turn est un Jh qui me donne un joli tirage couleur max ! J’envoie alors mes derniers 9.500 jetons et mon adversaire me paye avec AK. La river est un 8c et je rentre donc à la maison sans rien n’avoir gagné !
Un peu déçu, notamment à cause de ce coup mal joué face à Mercedes mais j’ai dit que j’allais faire quelque chose sur ces EFOP donc je me dois d’insister et de persévérer pour enfin refaire un beau résultat !
La nuit fut bonne, je suis reposé, nous sommes le Mardi 9 Février et le Gold Championship des EFOP commence aujourd’hui. 2.000 € de buy-in et ma motivation toujours bien présente !
J’arrive à ma table et le moins que l’on puisse dire c’est que ça va jouer dur. Là encore je ne tombe pas contre des manchots : j’ai à ma droite Antony Lellouche et à ma gauche Stéphane Benadiba, mais il y a également Jean-Paul Pasqualini, Yohann Azoulay ou encore Icham un très bon joueur marocain de cash game high limit.
Le début de partie ressemble à peu près au même qu’hier… normal, ma stratégie est restée la même. Stratégie payante puisque je suis à 44.000 après cinq niveaux (presque triplé mon tapis cette fois). Au bout de cinq niveau la table a évolué et les joueurs ne sont plus les mêmes, il y a maintenant Maxim Lykov (le vainqueur de l’EPT Kiev quand même !), mon pote Marco Trijaud, Yannick Bourdain, Hugues Girard, et un Anglais qui ne joue qu’en overbet et all in. Sur les blinds 400/800 j’ouvre KK en position UTG +2 et je décide de miser 2.100. L’Anglais au cut-off me tri-bet à 6.500 (là autant vous dire qu’une légère jouissance m’envahit). Je fais un peu d’acting et je décide finalement de juste payer. Le flop m’arrange puisqu’il y a 2-4-7 et en plus rainbow ! Je donk bet léger à 4.500 pour l’exciter et ça ne loupe pas puisqu’il m’annonce tapis… Hé bien faites gentleman, faites car votre tapis est payé debout sur la table ! Il pousse ses derniers 35.000 et montre une paire de 10 ! Rien ne vient le sauver et je sors un joueur. Après ce coup je passe à 85.000 alors qu’il reste encore 50 joueurs et que la moyenne est à 75.000.
Derrière j’enchaine deux bluffs sur deux joueurs différents. Coup de l’opération ? Je récupère 50.000 ! C’est parfait puisque je continue mon petit bonhomme de chemin et que je me sens bien.
A 5h00 du matin notre table casse et il ne reste plus que 35 joueurs. La moyenne est à 85.000 et j’ai devant moi un tapis de 130.000 ! Nicolas Fraioli décide de nous faire jouer soit jusqu’à 18 joueurs (la bulle) soit jusqu’à 7h00 du matin. Je me retrouve donc à une nouvelle table avec comme compagnons de jeu Maxim Lykov qui a une montagne de jetons devant lui (à peu près 250.000) ou encore Christophe Sorel et Jérémy Amsellem.
A ce moment de la partie je décide de passer en mode agressif, relançant alors 50% des coups préflop. C’est l’heure de prendre des risques,Maxim Lykov est à ma gauche. Et puis vient un moment où je relance préflop à 3.700 sur des blinds 800/1.600 antes 200 avec une paire de 2. Maxim me suit et nous sommes donc tous les deux pour voir le flop : Q-8-4. Je continue mon offensive en envoyant 3.500 que Maxim paye. La turn est un 2 magique qui m’apporte un brelan ! Je check et il en fait de même. La river est un joli K, parfait pour induire un bluff. Je check, et cette fois Maxim mise 8.000, je le relance à 21.000 et il me paye ! Formidable, par ici la monnaie. Sur ce coup j’ai eu de la chance de toucher mon brelan invisible ! Dans la foulée je reprends un coup à Maxim avec K7s avec un flop sur lequel je touche double paires, je prends moins que sur la main précédente mais je prends quand même des sous au gros tapis !
Il est alors 6h15 et nous sommes 27 joueurs. Recomposition de table oblige, je me retrouve avec Jérémy Amsellem, Marc Lecampion, Yannick Bourdain ou encore Philippe Ktorza. Arrive un coup où je suis de BB sur des blinds 1.200/2.400 antes 200, Jérémy relance en MP à 6.500. Tout le monde passe et moi j’ouvre QQ ! Formidable ! Je le tri-bet et envoie 18.500. Il m’envoie la boite pour 40.000 unités en tout. Je le paye assez logiquement et il retourne 88. L’ordre logique des choses est respecté et je prends le pot tout en éliminant Jérémy
Il est alors 7h00 du matin, le tournoi s’arrête alors que nous sommes encore 24 survivants. La moyenne est à 111.000 et je reprendrai le Day 2 avec 211.000 en étant le deuxième au chipcount ! A la sortie de l’ACF je vais prendre un petit déjeuner avec mon pote Marco Trijaud qui est toujours en course et je vais me coucher.
Le lendemain, Mercredi, la partie reprend à 16h00 et je sens bien cette journée ! Alors que la bulle approche, le jeu se resserre mais moi c’est le moment que je préfère pour faire comme Annette Obrestad. C’est le moment de prendre des jetons, mais en même temps que voulez vous, je touche pas mal !
Il reste 19 joueurs, c’est l’heure de la bulle. Un deal est demandé pour que l’on rembourse le 19ème mais je le refuse. Le facteur bulle est important pour moi puisqu’il me permet d’attaquer et d’être agressif. Je profite donc plutôt bien de mon statut de chipleader de la table !
La bulle éclate enfin et nous ne sommes plus que 18 joueurs. J’ai un tapis confortable avec 410.000 en jetons, soit le double de ce que j’avais à l’entame de cette nouvelle journée et tout cela sans aucun showdown ! Quand je dis que l’effet Annette ça marche ! Ma nouvelle table est composée de Philippe Ktorza, Yannick Bourdain, Jean-Bernard Bot, Marco Trijaud, Nicolas Dieu et Sylvain Madar.
J’entame une période très stratégique dans mon tournoi : le changement de vitesse. Je joue désormais plus serré histoire que les petits tapis disparaissent. Je le répète, je voulais faire quelque chose sur ces EFOP et pour ça il faut savoir gérer son tournoi, ce que je pense réussir à faire. Après une bonne demi-heure de jeu tight où j’essaye de prendre les blinds une fois par tour, je décide de repasser à l’action. Nous ne sommes alors plus que 14 joueurs. J’adopte donc ma vitesse « agressif » et raise beaucoup préflop et je défends mes blinds.
Je suis d’ailleurs de BB quand Jean-Bernard relance au bouton à 12.500 sur des blinds 2.500/5.000. Je décide de payer avec AhTs. Le flop dévoile Qh-Kc-2h. Jean-Bernard continue son agression, après un check de ma part, et mise 21.000 dans le pot. Je décide de le suivre pour voir l’action à la turn. La carte alors dévoilée est Th pour mon tirage couleur max qui peut rentrer, la plus petite paire du board et un tirage quinte par le ventre. Je check à nouveau et il envoie 45.000. J’annonce instantanément « tapis » ! Il lui reste 140.000 derrière, soit 28 BB donc de quoi voir venir. Il réfléchit alors deux bonnes minutes et décide de passer en me disant « Tu dois avoir mieux que KJ ».
Bref le temps passe et nous voilà en table finale à 10 joueurs ! Nous sommes transférés dans la salle tranquille de l’ACF, celle du rami, près du bar. Je tire le siège 10 et dans l’ordre on retrouve de 1 à 10, Julien Brécard, un mec qui parle anglais, Yann Brosolo, Stéphane Benadiba, Jean-Bernard Bot, Marco Trijaud, Alain Goldberg, Sylvain Madar, Nicolas Dieu et moi-même.
A 20h30 nous ne sommes déjà plus que 7 et nous nous accordons 30 minutes de diner break. A la reprise je suis en combat de blind contre Julien Brécard et nous partons à tapis sur le flop 4-5-7. C’est la rencontre parfaite puisqu’il a la quinte basse avec 36 et moi les nuts avec 68. C’est ensuite au tour de Stéphane Benadiba de sortir du tournoi et plus tard je sors Marco Trijaud lorsque je raise en MP avec K7s et qu’il ma paye au bouton avec A2. Le board apporte un Roi et j’élimine mon pote.
Et puis arrive le tournant de mon tournoi… Je suis en bataille de blinds contre Yann Brosolo sur des blinds 20.000/40.000. J’ai alors 11 BB devant moi pour un total d’environ 420.000. Je suis de Small Blind et j’envoie la boite avec A7s à cœur. Yann me paye avec A9. Le board affiche 9h-2c-Th-Jh-3s et je prends le pot avec la couleur max !
Nous sommes trois joueurs et je suis de BB (sur les mêmes blinds que le coup précédent) lorsque Sylvain Madar raise à 110.000. J’ouvre ma main et découvre JJ. Je le relance à 275.000 et il m’annonce tapis. Je le paye et il me montre une paire de 8. Encore une fois pas de bad beat et nous arrivons au Head’s Up final !
Que c’est bon d’enfin atteindre le Head’s Up d’un si bel évènement ! Je l’avais dit, je ne suis pas là pour beurrer les sandwichs, je suis là pour faire un résultat, pour montrer que je suis encore là !
Le tête à tête contre Nicolas Dieu aura duré une heure et demi et nous avons dealé 60.000 chacun, nous jouons pour 6.000 € et un ticket pour le Diamond Championship à 5.000 €. Sur la dernière main, après un jeu de relances préflop, nous partons finalement à tapis (je suis le sien) : il possède 9T et j’ai JTs. Ma main tient et je remporte ce fichu tournoi !
Ce n’est alors plus que du bonheur ! Je prends mon plus gros gain en tournoi, un bracelet EFOP 2010 et j’ai déjà mon billet pour le Diamond Championship ! Je l’avais dit, il fallait que je fasse quelque chose et après cette victoire j’ai enfin l’impression d’avoir atteint la fin du tunnel et de voir la lumière ! J’espère au moins être ITM sur le Diamond, si je peux réaliser une nouvelle table finale ça serait parfait ! En tout cas je remercie tous ceux qui m’ont félicité et soutenu et je remercie aussi ceux qui m’ont motivé à me battre pour leur prouver que je ne suis pas seulement un mec bon à polémiquer…

7 commentaires:
Encore Bravo Eric.
Mais pourquoi Live Poker il comptabilise plus tes points? Si c'est toi qui a demandé, .... le passé est passé. Maintenant 2010 et comme d'habitude tu est tj la haut. Espere revoir en tête du classement. Ciao
Giuseppe
C'est gentil de dire que j'ai bien joué le coup (surtout pour une fille... bien qu'il faut le dire, j'ai bien eu "la chance" de tirer mon kicker sur la rivière....). Donc, oui, c'était un blocking bet, je t'avais bien mis sur un AK et je m'étais dit que pour m'en sortir il fallait voir la dernière et que le pot valait bien une mise moyenne pour que tu ne la doubles pas. SMC (Serge Martel de la Chesnaye ndlr) te dira qu'il avait eu exactement le même coup contre moi au Grand Prix de Paris (et il avait payé aussi).... Pour tout le reste, bravo à toi Eric pour ces excellents résultats, j'éprouve toujours une angoisse ("légère", il ne faut pas déconner...) quand tu viens à ma table ce qui est bon signe pour toi. Je ne suis pas sûre de dégager autant de crainte de mon côté mais tu connais mon fighting spirit... watch out tout à l'heure au day 2 de l'EFOP Diamond, nous serons encore peut être à la même table ? Au plaisir aussi de te croiser sur les routes de Normandie ou d'ailleurs (toi dans la Mini de ton ami Rony, moi en scooter roulant à côté...). Ciao, Mercedes.
Bravo "Parisien" au plaisir de te revoir bientôt sur la cote d'azur ... Lebiotois... Que le flop soit avec toi !!!
Bravo Eric c'est un trés beau résultat, c'est le moins qu'on puisse dire!
J'étais certain que Sylvain Madar etait un joueur trés faible, mais cela fait son deuxieme trés beau résultat. J'ai donc du me tromper, on n'arrive pas la 2 fois par hasard.
BRAVO !!!! Belle performance !
:)
Un seul mot BRAVO :)
Une gestion parfaite du tournoi de la patience et ERIC fait le reste !!!
On espere quand même un EPT pour cette année !
Bon courage champion
Enorme résultat
GG encore et bonne chance pour la suite
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